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Témoignage de confiné : Daniel Malbranque, poète bergeracois.

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Cette semaine, nous diffusons le témoignage de Bergeracois confinés. Ces derniers nous confient leur ressenti quant à cette période particulière. Pour inaugurer cette série, voici le texte de Daniel Malbranque. Ce poète éclairé nous transmet un poème de sa plume rédigé pendant le confinement.

Confiné du 17/03 au 03/06, en tant que personne à risque (+ de 65 ans). Durant cette période qui m’a paru nécessaire, malgré les excès de zèle et les autorisations de sortie qui nous infantilisaient, je me suis senti privilégié par rapport à ceux qui n’ont pas pu s’occuper de leur jardin, vu qu’ils n’en n’avaient pas. Non seulement ils étaient confinés mais en plus ils étaient emprisonnés. Pour moi ce fut l’occasion de grandes lectures (Ovide et non pas Covid), de finir l’écriture du premier tome de ma bio qui devrait être publiée avant la fin de l’année. Par ailleurs, ce long temps hors du temps m’a permis de réfléchir à ce que nous ferons dans l’Après, en espérant que ce petit virus de m… qui a tant tué et mis à mal toute l’économie mondiale nous permette de revoir notre façon de vivre et enfin de s’avouer que mondialisation à outrance, surconsommation, gaspillage, libéralisme effréné, tout ce modèle nous entraîne à la catastrophe et qu’il était temps de changer la vie comme nous le chantions dans les années 70. Tout cela je l’ai raconté à mon vieux cerisier qui m’a fait comprendre qu’il était d’accord en m’offrant les quelques fruits, non gâtés par la pollution, qui restaient. Ce confinement aura été la chance, hélas dramatique, de retrouver les vraies valeurs de solidarité et d’honnêteté. J’ai peur néanmoins en voyant localement l’union contre nature de la carpe, du lapin, du pangolin et de la chauve-souris que ce message ne soit pas entendu. Aujourd’hui que ce temps est passé je vais pouvoir serrer dans mes bras mon fils qui m’a bien manqué.

Daniel Malbranque

Vingt-neuvième jour

Parure de la littérature
sur les drames simples
de la vie Qu’en est-il du cri
de silence qui rugit
hors de la bouche ouverte
et qui le reste Une fille
de 16 ans Julie morte
du Covid-19 oblitère
l’éclosion des pâquerettes
Fermez vos gueules d’assoiffés
putain de néo-libéraux
qui pour votre profit
avez bafoué l’harmonie
d’être sur notre planète

Daniel MALBRANQUE

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