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Discours de Daniel GARRIGUE, Maire de Bergerac

A la suite, des vœux à la population,  vendredi 15 janvier dernier, Daniel GARRIGUE a souhaité publié son discours sur le support internet.

Merci d’avoir bravé le froid pour venir à cette traditionnelle manifestation des vœux à la population.

L’année 2015 qui vient de s’achever laissera derrière elle un vif sentiment de douleur et de difficulté.

Douleur et révolte devant les attentats de janvier, puis de novembre. Nos pensées vont, bien sûr, d’abord à ceux qui en ont été les victimes et à leurs proches.

Difficulté et parfois désespoir devant la crise qui touche l’ensemble des Français, mais particulièrement les jeunes à la recherche d’un premier emploi, les seniors écartés du marché du travail mais encore éloignés de l’âge de la retraite, et on l’oublie parfois, les créateurs ou développeurs d’entreprises qui ne parviennent pas à faire décoller leur activité.

Le terrorisme et la crise seront les défis de l’année qui commence et nous devons être lucides : on ne vaincra pas le terrorisme sans contraintes, on ne sortira pas de la crise sans effort et sans remises en question.

Pas de victoire contre le terrorisme et la radicalisation sans contraintes .

On peut certes discuter de l’utilité de la déchéance de nationalité et du sentiment de discrimination qu’elle peut engendrer chez une partie de nos compatriotes. On peut sans nul doute se demander, si plutôt que le durcissement des peines et la multiplication des prisons, la priorité ne doit pas aller d’abord à la mobilisation et à la réactivité, et donc à la révision de certains aspects de notre procédure pénale, sous le contrôle du juge des libertés.

Mais une chose me paraît personnellement certaine. C’est qu’il serait irresponsable de sortir de l’état d’urgence aussi longtemps que la menace terroriste n’aura pas été clairement écartée.

Pas de sortie de crise sans effort et sans remises en question.

Nous vivons dans un monde dont nous ne mesurons pas suffisamment les bouleversements. Les pays d’Europe, et la France en particulier, ont longtemps vécu, il faut le reconnaître, avec une rente de situation qui était liée à leur avance intellectuelle et technologique et aux contrôles qu’ils exerçaient sur une partie du monde. Cette avance, ces contrôles, nous ne les avons plus. De nouvelles puissances apparaissent et se développent, la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres encore, formant chaque année des centaines de milliers d’ingénieurs et de chercheurs, car la véritable mondialisation, c’est celle des aptitudes et des connaissances.

Face à cette situation, soyons réalistes. Nous ne nous en sortirons pas sans retrouver le goût et la volonté de l’effort, sans donner plus de place aux formations professionnelles, techniques et scientifiques, sans avoir la volonté de retrouver les moyens de la puissance et, à travers elle, de l’indépendance. Et nous ne pouvons pas demander à nos compatriotes d’engager cet effort sans profondes réformes économiques et sociales, sans renforcer l’information des citoyens et des salariés, sans associer tous les acteurs, dans les grands choix nationaux, comme dans les entreprises, à la gestion et à la décision, sans une remise en cause profonde de notre système de formation et de promotion sociale.

C’est ce débat, j’en suis sûr, qu’un grand nombre de Français et de Françaises voudraient voir clairement poser dans la campagne des présidentielles qui s’engage.

Ici, à Bergerac, avec l’équipe de Rassemblement que nous avons mise en place et que vous avez élue en 2014, nous nous efforçons de répondre aussi efficacement et volontairement que possible, aux défis locaux.

Nous voulons une ville active, nous voulons une ville solidaire, nous voulons une ville proche des citoyens.

Une ville active.

Nous nous sommes assigné plusieurs objectifs.

D’abord, la vitalité du centre-ville.

L’étude récente d’un grand quotidien a montré que c’étaient les villes moyennes qui étaient aujourd’hui les plus menacées. Nous le disons clairement, Bergerac se battra pour ne pas rejoindre la liste des villes en déclin, des « shrinking cities » dont le centre-ville ne cesse de se rétrécir. Il n’y a pas en ce domaine de solution unique, mais la nécessité de mener tout un ensemble d’actions.

Il faut d’abord des locomotives. Nous restons plus que jamais attentifs à l’évolution du projet des Nouvelles Galeries. C’est le meilleur emplacement de Bergerac. Cela donne à celui qui le détient le droit d’être soutenu sur ses projets, mais cela comporte aussi, pour lui, des devoirs vis-à-vis de la Ville et de l’ensemble des acteurs locaux. Notre rôle est de le lui rappeler. Autre projet déterminant, celui de Cité du numérique, place du Marché Couvert. Du côté de la Ville, tout sera fait pour faciliter les travaux et l’accueil de formateurs, de jeunes et de stagiaires en centre-ville.

Notons aussi la tendance nouvelle de la grande distribution à revenir vers les centres-villes. C’est le projet que nous encouragerons avec la rénovation de l’Intermarché de la rue Saint Martin.

Il faut ensuite faciliter l’accès au centre-ville. C’est toute la question du stationnement, qui est affaire de lisibilité, mais aussi de disponibilité. La renégociation de la convention qui a permis la première demi-heure gratuite dans les ouvrages et les parcs fermés, l’éclairage des arrêts-minute –qui sera poursuivi cette année, rue Sainte Catherine-, la politique de discernement dans la surveillance appliquée par la police municipale et par les ASVP, ont quelque peu décrispé les choses, chez les usagers comme chez le délégataire.

Il faut enfin de l’animation. La Ville s’est fortement impliquée, on l’a vu, avec les animations de Noël. Cet effort sera prolongé grâce à l’utilisation, particulièrement l’été, de la place du Marché Couvert. Avec l’appui de la Caisse des Dépôts, nous espérons recruter un animateur de centre-ville, qui serait également chargé de suivre les friches commerciales et de faire de la persuasion auprès des propriétaires sur des baux commerciaux parfois trop élevés.

Nous lutterons avec détermination contre le projet de multiplex en périphérie. Il faut certes améliorer le dialogue entre l’exploitant et les passionnés de cinéma, pour diversifier la programmation, mais il est clair qu’il n’y a pas la place pour deux ensembles de cinémas sur l’agglomération.

Deux points complémentaires : le transfert des foires attractives sur une place du Foirail rénovée, le devenir du village de Noël pour lequel nous rencontrerons les responsables.

L’attractivité touristique est bien évidemment l’une des clés de l’activité économique et de la vie du centre-ville. Avec la mise en valeur du port, les animations d’été ont été un succès. Nous sommes désormais mieux représentés au conseil d’administration de l’Aéroport et nous travaillerons pour que l’arrivée soit modernisée et que l’on décolle désormais au-dessus des 300.000 passagers par an.

Le numérique est à l’évidence, l’une des meilleures chances de redistribuer les cartes sur les territoires. C’est pourquoi nous avons conservé la compétence numérique qui nous permet de discuter directement avec l’opérateur Orange du déploiement de la fibre optique qui s’engage sur Bergerac dès février prochain, et pour lequel, nous souhaitons voir équiper en priorité les entreprises et les grands établissements. C’est pourquoi nous développons l’investissement numérique dans les services de la Ville et dans les écoles, nous soutenons le projet déjà évoqué de Cité du numérique, nous considérons l’e-santé comme une carte essentielle face au problème de la démographie médicale et comme une chance de développement de formations nouvelles.

Enfin, nous savons tout ce que Bergerac doit à son environnement viticole, arboricole, agricole et horticole. Nous sommes convaincus de l’importance de la carte à jouer dans le domaine de l’oeno ou du vino-tourisme. Et nous passons avec succès à la démarche du circuit court et des aliments bio. La première étape, le passage en régie directe des cantines scolaires et des RPA est une réalité tout-à-fait positive, même si quelques ajustements sont encore nécessaires. Nous sommes également prêts d’aboutir pour la création en partenariat d’une nouvelle cuisine centrale qui permettra, nous le souhaitons, d’élargir encore la démarche.

Une ville solidaire, c’est pour nous le second enjeu.

Dans une ville moyenne où beaucoup de nos concitoyens ne disposent que de revenus faibles ou modestes, où le nombre de familles monoparentales est élevé, la politique de la Ville, sous toutes ses formes, est un enjeu majeur pour assurer l’égalité des chances.

C’est l’esprit du contrat de ville qui a été préparé et signé avec tous les partenaires : l’État, la CAB, la Région, le Département. C’est dans cette perspective que nous maintenons l’effort sur le logement social, notamment avec Urbalys, sur la rue Saint-Michel ou encore avec l’opération de rénovation de l’îlot Berggren, que nous poursuivrons également l’effort en direction des écoles, que nous mènerons à bien cette année la construction de la nouvelle maison de quartier rive gauche et que nous engagerons le projet de rénovation de la Maison d'Accueil Temporaire, la MAT.

Sur un territoire où le niveau des formations et des qualifications doit être impérativement renforcé –je rappelle que près de 30 % des jeunes de 17 à 30 ans n’ont ni diplôme, ni qualification reconnue- la formation et l’insertion sont au cœur des priorités. La Ville s’implique fortement, comme partenaire de la Mission Locale pour l’emploi des jeunes et de la garantie jeunes, comme co-acteur du PLIE et des clauses d’insertion pilotées par la Maison de l’Emploi, comme client prioritaire des associations d’insertion ou de chantiers d’insertion. La reprise de l’ancien lycée de l’Alba permettra la mise en place d’une recyclerie avec l’association Question de Culture, le développement indispensable d'une plate-forme de mobilité avec l’ASPATT, la création d’une école de la deuxième chance tournée vers la formation prioritaire des 18-30 ans, ainsi que l’ouverture d’un restaurant solidaire.

La solidarité, c’est aussi la santé. L’action conjointe de l’hôpital –dont la reconstruction sera bientôt terminée-, de la clinique et des professionnels de santé, doit nous permettre de renforcer la logique de territoire. –même si je reste convaincu qu’une politique plus volontariste, qui relève de l’État, est nécessaire dans ce domaine crucial pour l’ensemble de nos concitoyens. Le CCAS et l’hôpital poursuivent par ailleurs leurs efforts pour améliorer l’accès aux soins, en particulier dans le domaine bucco-dentaire.

Je voudrais aussi souligner l’importance des seniors dans une ville comme Bergerac. C’est de leur bénévolat que dépend pour une part la vie associative, c’est des services auxquels ils font appel que dépend en partie le développement des emplois. Nous souhaitons, plus que jamais, les associer aux réflexions sur le devenir de notre Ville.

Nous voulons, en effet, une ville qui soit à l’écoute de ses citoyens.

C’est vrai, d’abord, à travers les grands services publics. Bergerac a la chance de traverser une période de grands chantiers : le Lycée des métiers, l’hôpital, et maintenant, le commissariat. La Ville y contribue aussi par ses propres investissements, mais aussi par les grands réseaux dont elle a la responsabilité. La rénovation de l’éclairage public, aujourd’hui largement vétuste, est désormais engagée, sur un premier plan de 5 ans, avec le Syndicat départemental d’énergie. 

L’assainissement, pratiquement achevé sur le périmètre urbain, va être étendu au secteur de La Conne. Pour l’alimentation en eau, où nous poursuivons l’éradication progressive des branchements plomb, nous avons désormais l’espoir sérieux de disposer d’une ressource complémentaire à Creysse.

Pour la voirie, nous avons proposé comme opérations prioritaires, à la CAB, l’aménagement de la rue Georges Clémenceau, qui est engagé, et de la route de Bordeaux, pour lequel nous procédons à de nouvelles acquisitions de terrains.

Deux points noirs, toutefois : le carrefour de Gabanelle où le département ne propose toujours pas de solution ; la reconstruction du Centre de secours : la Ville a tout fait pour donner l’impulsion, mais plusieurs communes ont malheureusement refusé de s’engager.

La sécurité est un sujet auquel les Bergeracois sont légitimement sensibles. Nous tenons à saluer les efforts partagés de la Justice, de la Police nationale et de la Police municipale. La concertation engagée au sein du Conseil communal de sécurité et de prévention de la délinquance, mais aussi l’engagement de tous les acteurs, chacun dans sa mission, ont contribué à de réelles avancées. Notre volonté est d’agir avec fermeté, mais aussi de responsabiliser les délinquants potentiels chaque fois que cela sera nécessaire.

Nous saluons les efforts et le civisme des associations bergeracoises et des bénévoles qui sont l’une des grandes chances de notre ville. Dans beaucoup de domaines, elles donnent le remarquable exemple du travail mené en commun, comme ce fut le cas encore récemment lors du Téléthon ou à l’occasion du repas de la solidarité.

Dans le domaine du sport, elles portent très haut les couleurs de notre Ville. Je saluerai notamment, notre champion du monde, Stany Delayre, notre marathonien, Yohann Durand et le Bergerac-Foot qui est monté en CFA.

Nous apprécions l'engagement de tous ces acteurs. dans les différentes commissions qui permettent d’associer les citoyens –des plus jeunes jusqu’aux seniors- à la vie municipale, ainsi qu’au sein des conseils et des associations de quartiers. La démocratie c’est le débat, qui comporte légitimement, la critique et la contradiction. Le développement des moyens numériques devra, dans cet esprit, nous permettre d’accéder à une phase active de l’open data, c’est-à-dire à la mise à disposition des citoyens des données brutes des différents dossiers.

Je souhaite enfin dire quelques mots sur un sujet qui sera de nouveau très important en 2016, l’intercommunalité.

Malgré la mise à l’écart de la Ville au sein du bureau de la CAB, nous avons constamment cherché, dans un esprit d’intérêt général, et d’ailleurs avec un nombre de plus en plus large d’élus de la CAB, à faire avancer les dossiers dans la bonne direction. Nous l’avons fait sur le contrat de ville, nous le faisons sur le plan local de redynamisation et sur le centre aqualudique, nous cherchons à le faire sur la mutualisation des moyens, et l’effort de consensus a incontestablement progressé.

Nous sommes inquiets en revanche sur la question des finances. La Ville, l’équipe municipale, les services de la Ville auxquels nous tenons à rendre particulièrement hommage, ont mené les efforts nécessaires pour engager le rétablissement des finances communales. Nous avons un objectif intangible, qui est de ne pas augmenter la fiscalité, dans une ville où les revenus sont souvent modestes et les taux déjà suffisamment élevés. Nous sommes prêts à discuter avec la CAB du futur pacte financier et fiscal, mais nous n’accepterons pas une nouvelle augmentation de la fiscalité.

Quant au regroupement d’intercommunalités, nous avons dit depuis longtemps que nous étions pour la fusion de l’intercommunalité de Sigoulès et de la CAB et nous avons délibéré en ce sens. Mais au-delà, nous sentons bien qu’aujourd’hui, en matière d’organisation territoriale, notre pays est au milieu du gué.

Dans les nouvelles grandes régions, il y a un besoin fort de visibilité. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous luttons pour que l’augmentation de la population bergeracoise soit reconnue en temps réel par l’INSEE.

Quel peut être le devenir d’intercommunalités qui vont peu à peu réunir des dizaines de communes ?

Il y a, à l’évidence, un problème de démocratie puisque ces ensembles de plus en plus vastes et qui disposent de plus en plus de pouvoirs ne sont toujours pas élus au suffrage universel direct.

Et il y a, aussi, un problème de relation de proximité, dans la mesure où les petites communes n’ont plus, pour certaines, le minimum de moyens et de compétences nécessaires pour exister. Or, que se passerait-il si tout le réseau de maires et élus de nos territoires ruraux venait demain à disparaître ?

Il est urgent que le législateur se remette au travail pour revoir une copie qui, dans son état actuel, ne répond pas aux principes de la République.

Mesdames, Messieurs, nous avons beaucoup de travail à accomplir ensemble. Souhaitons que l’année 2016 nous apporte à tous la réussite, la santé, le bonheur et qu’elle nous permette de trouver toutes les réponses et solutions nécessaires.

 

Bonne année à toutes et à tous et en avant, Bergerac !

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